Date de publication: le lundi 21 juillet 2008 à 23h17
Dernière modification: par Pascal BOYER le lundi 21 juillet 2008 à 23h43
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Article original publié par Fred Gargaud dans le N° 19842 du 17 Juillet 2008 de l'Humanité Dimanche
LA CONTRE-OFFENSIVE DU ROBINET. ICI À BESANÇON
Besançon
, après Paris, a déposé un nom de marque pour l'eau qu'elle distribue aux habitants.
Une façon de prouver que la qualité de l'eau du robinet n'a rien à envier à celle de l'eau en bouteille.
Toutes les eaux ont un goût. Mais celui de chlore, que l'on retrouve souvent dans l'eau du robinet, est loin de faire l'unanimité. Il s'agit en fait d'une odeur (comparable à celle de l'eau de Javel) plutôt que d'un goût. Le chlore est utilisé pour assurer la qualité bactériologique de l'eau durant son transport dans les canalisations jusqu'au robinet. Comme il réagit avec la plupart des polluants, son utilisation a été renforcée depuis la mise en place du plan Vigipirate. Il est toutefois possible d'en effacer la sensation en laissant un peu couler le robinet avant de remplir un verre ou une carafe que l'on place ensuite quelques minutes au réfrigérateur avant de consommer l'eau. Il est aussi recommandé de laisser couler l'eau jusqu'à ce qu'elle soit fraîche après une absence prolongée, pour ne pas boire celle qui a stagné dans les tuyaux. À noter enfin: l'eau du robinet, comme l'eau en bouteille une fois ouverte, ne doit pas être consommée au-delà de deux jours, car elle est progressivement contaminée par les bactéries.
Fred Gargaud
EAU DU ROBINET, EAU DE QUALITE ?
C'est, en France, le produit alimentaire le plus surveillé. L'eau distribuée est soumise chaque année à 4,6 millions d'analyses réalisées à la source, à la sortie des stations de traitement et au robinet. Ces analyses portent sur environ 60 critères très stricts permettant de s'assurer de la qualité microbiologique et de la composition chimique de l'eau. Elles font apparaître que 95 % de la population française a été alimentée en 2006 par une eau respectant les limites de qualité microbiologiques; 98 % de l'eau distribuée respecte le taux maximum de nitrates. Mais 1,5 % des Bretons sont contraints de boire de l'eau en bouteille car ils sont alimentés par une eau trop chargée en nitrates. S'agissant des pesticides, 110 000 personnes ont été concernées en 2006 par des restrictions de consommation d'eau en raison de leur présence excessive. L'Institut français de l'environnement (IFEN) a d'ailleurs établi que 96 % des eaux de surface et 61 % des eaux souterraines prélevées étaient contaminées par des pesticides. Une pollution qui s'aggrave d'année en année et nécessite des traitements toujours plus complexes et chers. Ce qui contribue à augmenter le prix de l'eau... sans pour autant toujours éliminer tous les pesticides. Toutefois, comme le notait le sénateur socialiste Gérard Miquel dans un rapport de 2003: « Les seuils applicables aux pesticides dans l'eau sont de 10 000 à 100 000 fois plus bas que pour les fruits et légumes. Le risque lié à l'eau est donc extrêmement faible. »
Fred Gargaud
Pour savoir d'où vient l'eau que vous buvez au robinet, le nombre de contrôles dont elle fait l'objet par an, ses qualités chimiques et bactériologiques, vous pouvez consulter les rapports des directions départementales des affaires sociales et sanitaires (DDASS) pour votre ville à la mairie ou sur Internet: www.observatoire-pesticides.fr/ index.php?pageid=476 . Une note de synthèse réalisée par la DDASS doit de toute façon être jointe une fois par an à votre facture d'eau.
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