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Actualité d'eZ Publish et d'eZ Systems

Table des matières

  1. Actualité
  2. eZ Publish optimisé pour IBM
  3. eZ Systems en France
  4. eZ Publish : un CMS à la pointe
  5. eZ fait son entrée dans le classement mondial «Econtent 100»
  6. eZ Publish : Interview de Bård et Aleksander Farstad et de Bertrand Maugain

eZ Publish : un CMS à la pointe

Date de publication: le vendredi 28 octobre 2011 à 22h22
Dernière modification: par Pascal BOYER le vendredi 28 octobre 2011 à 22h54

Sources : http://www.ib-com.ch

Marie-José Jones

L'essor des CMS Open Source

Solutions.

Les sites romands sont de plus en plus nombreux à faire appel à des solutions du domaine public. Zoom sur Joomla!, prisé pour sa facilité d’emploi, et sur eZ Publish, un CMS orienté objet d’origine norvégienne.
Jusqu’ici, les développeurs comptaient parmi les principaux utilisateurs de gestionnaires de contenus (Content Management Systems-CMS) libres. Ils y trouvaient manière à tester ces plates-formes en temps réel sans faire prendre de risques à leur clientèle. Au fil du temps et des expériences acquises, ils ont eu matière à convaincre leurs clients qui, dans l’intervalle, étaient devenus eux-mêmes mieux disposés à l’égard du logiciel libre. «La Suisse romande semblait réticente à se tourner vers des solutions Open Source mais elle est en train de combler le retard pris sur la France et d’autres pays européens», confirme un consultant français. Ainsi, Mambo/Joomla!, Typo3, ezPublish, Plone, ont fait des adeptes dans des entreprises romandes de toutes tailles dans des secteurs d’activité très variés eux aussi.

Scission entre Mambo et Joomla!

Avec le prix de la meilleure solution Open Source obtenu coup sur coup au Linux World de San Francisco puis de Boston, le premier semestre de 2005 fut faste pour Mambo et l’ensemble de sa vaste communauté. L’été lui a été, en revanche, beaucoup moins favorable car de sérieuses dissensions se sont produites entre la société australienne Miro, détentrice du nom Mambo, et les développeurs. Ces derniers ont fait scission et créé, sous le nom de Joomla!, ce que les Anglo-Saxons appellent un «fork». En d’autres mots, ils ont décidé de faire évoluer ce CMS à leur manière en se souciant toutefois de préserver la compatibilité avec la dernière version de l’original.
La crise passée, l’équipe fidèle à Mambo a commenté la situation avec une certaine magnanimité. En substance, dans le style «il est parfaitement licite de créer un fork; une telle situation peut arriver; regardons devant nous et que le meilleur gagne». Reste que la scission a ralenti le développement, causé passablement d’inquiétude parmi les utilisateurs et refroidi de nombreux adeptes potentiels, incertains sur le choix du camp auquel se rallier. Fin 2005, la situation était devenue plus claire. L’équipe (core team) de Joomla!, composée aujourd’hui de 24 personnes, avait fait la preuve qu’elle était capable de présider à la transition et d’assurer l’avenir de l’outil.

Site de swissPassions, le portail du tourisme franco-suisse

Exemple

Pour bâtir le site touristique multilingue swisspassions.ch , Pa Images a employé l’extension joomla!fish et celle intitulée Facile Forms du développeur alémanique Peter Koch.

Simplicité et facilité d’emploi

Ainsi, la plupart des nombreux développeurs romands utilisant cette plate-forme semblent avoir rallié le camp de Joomla!. C’est le cas, par exemple, de www.ygi.ch à Genève, de www.interfasys.ch et de www.paimages.ch dans le canton de Vaud, de www.drcorbeille.ch en Valais et de www.i-flash.ch à Fontainemelon.
Tous soulignent la facilité d’emploi de cette plate-forme et la simplicité de sa mise en œuvre. «Vous pouvez gérer la présentation de tout un site avec deux fichiers (une feuille de style CSS et un fichier de gabarit au format PHP) et le tour est joué», précise Yannis Girod de www.ygi.ch . Claire et bien présentée, l’interface d’administration exige peu d’effort d’adaptation de la part des personnes chargées de créer des textes ou de les mettre à jour. «Sa convivialité pourrait encore être améliorée si les options les plus avancées n’étaient dévoilées qu’à ceux qui en ont réellement besoin sous forme d’un bouton d’option», commente pour sa part Olivier Paroz d’interfaSys.

Coût intéressant

Le coût d’une telle solution est intéressant lui aussi. Pour les petites structures, Olivier Paroz a élaboré un pack standard qui peut être mis en place en trois semaines à un coût s’élevant entre 2000 et 3000 francs, formation de base comprise. C’est la formule qu’a adoptée, par exemple, www.horsetraining.ch .
La communauté d’utilisateurs est vaste et bien disposée à l’égard des novices. Même le forum francophone est l’objet d’une fréquentation régulière et d’une réactivité supérieure à la moyenne.
Elle est constituée toutefois d’une majorité de jeunes qui manquent d’expérience en gestion d’entreprise et en gestion de projet. Ainsi, les points faibles, dont souffrait Mambo voilà déjà plus de deux ans, ne sont toujours pas pris en compte dans le noyau. Les principales critiques portaient sur l’impossibilité de modifier la structure de la base de données pour gérer d’autres objets que des articles ou compléter ces derniers, sur la gestion des utilisateurs et des droits d’accès considérée comme trop élémentaire, sur l’absence de multilinguisme et sur l’impossibilité de gérer plusieurs sites depuis une seule console d’administration. «Les priorités de l’équipe de développement ne correspondent pas toujours aux attentes de la communauté», concède Olivier Paroz, qui s’est donné la peine de traduire entièrement l’interface administration en français mais n’a pas vu son travail intégré dans la version officielle.

Grand choix d’extension

Certaines de ces lacunes ont été comblées par des extensions libres ou commerciales proposées par des individus ou développées par de petits groupes extérieurs à l’équipe de développement. Elles font toute la richesse de cette plate-forme dont la flexibilité est appréciée. «Pouvoir exécuter du code PHP ou inclure des fichiers HTML lorsqu’on en a besoin m’a rendu de grands services, notamment pour afficher des résultats sportifs en temps réel», signale Olivier Paroz.
Parmi ces extensions, Mambelfish/Joom!fish pour les sites multilingues, Facile Forms du développeur alémanique Peter Koch, VirtueMart pour l’e-commerce, et Community Builder pour une gestion plus complète des utilisateurs.
La qualité de ces très nombreuses extensions varie et leur intégration à un site n’est pas de tout repos, d’autant que le noyau du CMS évolue au fil du temps et que les mises à jour des extensions ne suivent pas forcément le même rythme. Ainsi, Peter Koch s’est récemment fâché lorsqu’il a appris que la future version 1.5 de Joomla!, annoncée prématurément pour fin avril, n’offrirait pas une entière compatibilité descendante. Il a menacé de ne pas poursuivre le développement de Facile Forms, mais semble s’être ravisé depuis que des développeurs lui ont prouvé que les corrections à effectuer seraient de peu d’importance.
Dans l’ensemble, les développeurs romands interrogés se déclarent toutefois satisfaits de cette plate-forme et constatent que les extensions sont mieux prises en charge. En outre, la version 1.5, dont la version bêta est repoussée à fin juin, sera multilingue et verra son code en grande partie remanié pour faire de Joomla! une «framework» digne de ce nom et fournir des API permettant de simplifier le développement d’extensions.

eZ Publish est d’un autre calibre

eZ Publish est d’un autre calibre. Il n’est pas l’œuvre d’une communauté mais celle d’eZ Systems, une jeune entreprise norvégienne établie dans une bourgade de 50 000 habitants située à quelque 150 kilomètres au sud-ouest d’Oslo. Plus précisément à Skien qui a vu naître le dramaturge Ibsen et qui est considérée comme le berceau du télémark. Elle emploie quelque 80 personnes et a ouvert en 2005 un bureau en Allemagne, puis, début 2006, un à Lyon qui couvre l’Europe du Sud. Le premier avait d’ailleurs pris un stand à Orbit-iEX 2006 le mois dernier à Zurich tandis que la filiale française avait dépêché un collaborateur aux Linux Days de Genève pour faire la démonstration de ce CMS et rencontrer les développeurs helvétiques.

Pour les entreprises de taille moyenne et les grands comptes

A l’image de Typo3, que nous avons déjà présenté dans un précédent numéro d’IB com (2004, no 10), eZ Publish s’adresse plutôt aux entreprises de taille conséquente et aux grands comptes. Ses références comprennent plusieurs universités dont le MIT, quelques organisations internationales, le National Geographic Magazine, l’US Navy, Zend, MySQL et des sociétés bien ancrées tels Siemens et le groupe Suez. En France, une des installations les plus importantes est celle de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), qui compte 21 centres régionaux, 14 départements scientifiques et emploie quelque 9000 chercheurs, ingénieurs, techniciens et administratifs, ainsi que 1200 doctorants. En Suisse, les sites de la télévision suisse alémanique y ont recours et on chuchote qu’Edipresse est en passe de refaire certains sites éditoriaux avec eZ Publish et l’appui d’une SSII française. Pour leur part, Linkvest a mis en œuvre ce CMS chez Unicible et Details aux Transports publics genevois (TPG).
De par une approche orientée objet, eZ Systems avait pris dès le départ une longueur d’avance sur la majorité des CMS Open Source. Mais un programme de partenariat coûteux avait brisé l’élan des petites structures et des développeurs indépendants qui ont reporté ailleurs leur intérêt et leur enthousiasme. Depuis, eZ Systems a corrigé le tir et s’est formellement engagée à ne pas introduire de différences entre la version commerciale et celle soumise à la licence GPL Open Source.

Complètement orienté objet

Après avoir maintenu son propre site avec Mambo pendant près de deux ans, Jacques-André Eberhard, fondateur de la société Open-net , s’est tourné vers eZ Publish au moment de la sortie de la version 3. Il l’utilise depuis pour les sites de tous ses clients, dont celui de l’université de Berne et un portail d’association en neuf langues. Il a été conquis tout d’abord par la structure orientée objet de ce CMS. «Il n’y a pratiquement pas de restrictions. On peut créer ses propres classes et les relier entre elles avec un numéro de relation stocké dans la base de données. Comme aucun script n’est introduit dans le contenu, l’export des données est absolument propre.»
Il entend faire développer encore davantage l’intégration entre eZ Systems et le progiciel libre TinyERP pour que les données des utilisateurs soient synchronisées de bout en bout. «Il ne suffit pas de retrouver dans l’ERP les achats effectués par un client dans le module d’e-commerce d’eZ. Il faut que toutes les actions soient référencées dans la fiche client, y compris les messages postés dans le forum.» Tiny va d’ailleurs montrer la voie en publiant un connecteur complet vers Joomla! et OS-Commerce, dont le développeur mandaté par Open-net pourra s’inspirer.

Multilinguisme intégral

Outre l’orientation objet, le multilinguisme, encore rare dans les CMS Open Source, compte aussi parmi les points forts d’eZ Publish. Il offre, en outre, une indépendance complète sur ce plan, chaque langue pouvant créer ses propres textes, sans qu’une correspondance doive exister dans les autres langues, ni même dans la langue de base du site web.
Parmi les points faibles, eZ Publish est exigeant en ressources. Pour tourner à satisfaction, il requiert un serveur dédié pourvu d’un processeur crédité d’une vitesse d’horloge de 2 GHz au minimum et d’au moins 512 Mo de mémoire vive. «Le workflow doit encore être affiné, ajoute aussi Jacques-André Eberhard. On ne peut pas encore visualiser le parcours d’un document pour déceler rapidement à quelle étape il est parvenu et la gestion des cas particuliers doit être mieux prise en compte.» De son côté, le moteur de recherche est encore rudimentaire. Il ne fournit pas de calcul de pertinence et se contente de lister les résultats dans l’ordre selon lequel ils ont été extirpés de la base de données.

Davantage de traductions en français

Comme pour la plupart des CMS Open Source, la traduction française des manuels et des tutoriaux se fait attendre. Et le forum en français est encore peu fréquenté. L’implantation de la filiale française va sans doute y remédier au moins en partie. «eZ Systems n’a pas l’intention de traduire la documentation technique destinée aux développeurs dans quelque langue que ce soit, précise Roland Benedetti, directeur du bureau français. Nous allons, en revanche, participer à la traduction française du guide utilisateur entreprise par l’un de nos partenaires et nous traduisons également les tutoriaux et les articles qui apportent une valeur ajoutée aux utilisateurs. Nous sommes également en tractation avec des éditeurs pour que des ouvrages consacrés à eZ Publish soient traduits en français.»

Jouer ou non le jeu

En parcourant le forum, on constate que la communauté réagit généralement dans les 24 heures aux questions posées mais ne fournit pas toujours d’appui au-delà de la première réponse. De son côté, eZ Systems propose une gamme de services incluant une offre de maintenance annuelle comprenant l’installation des mises à jour et la correction garantie des bogues et failles de sécurité avec un engagement ferme sur les temps de réponse. «On peut supposer que de nombreux utilisateurs ont créé des classes ou des extensions répondant à leurs besoins mais qu’ils ne les mettent pas à la disposition de la communauté comme le voudrait la licence GPL», regrette toutefois Jacques-André Eberhard.
La société alémanique Young Media Concepts a, pour sa part, joué le jeu. Elle a fourni à la communauté un système dynamique d’arborescence de fichiers faisant appel à Ajax. Elle facture en revanche Volano, le portail communautaire qu’elle a bâti sur eZ Publish et qui est employé notamment par Nackt in Zuerich ( www.nizh.ch ).

Version 4 en préparation

La version 4 d’eZ Publish est en préparation. Se voulant plus robuste, plus performante et plus riche, elle tirera parti des améliorations apportées par PHP5 et PHP6 encore en gestation. D’ailleurs, plusieurs développeurs d’eZ Systems sont membres du projet PHP et participent donc au développement de cette plate-forme.
«Les petites communautés Open Source auront de la peine à se mettre à jour et à réécrire leur produit pour tenir compte de ces nouvelles technologies», estime Jacques-André Eberhard. Pour leur part, les développeurs d’eZ Systems ont tiré leçon du passé. Le passage d’eZ Publish 3 à eZ Publish 4 se fera dans la continuité, les concepts fonctionnels du CMS étant conservés à l’identique. Des modules préprogrammés seront également proposés en complément dès la sortie prévue pour 2007.



Table des matières

  1. Actualité
  2. eZ Publish optimisé pour IBM
  3. eZ Systems en France
  4. eZ Publish : un CMS à la pointe
  5. eZ fait son entrée dans le classement mondial «Econtent 100»
  6. eZ Publish : Interview de Bård et Aleksander Farstad et de Bertrand Maugain

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