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Sarkozy vole 5 millions d'euros aux français... en un an de fonction

Date de publication: le samedi 3 mai 2008 à 18h49
Dernière modification: par Pascal BOYER le mercredi 14 mai 2008 à 08h49
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Alors que le mari de Carla Bruni a justifié la hausse de 200% (multiplication par 3) de son salaire au nom de la transparence, la revue Marianne du 26 avril 2008 (N°575), dans un article intitulé Révélation sur le train de vie du président, nous apprend que le président de la France a, en moins d'un an de fonction, déjà mis de côté 5 millions d'euros. Cet argent, provenant des caisses de l'état, est donc celui des français.

Peu importe que le mari de Carla Bruni ait annoncé le 8 janvier aux français que les caisses étaient vides.
Peu importe que ces prédécesseurs se soient peu ou prou livrés aux mêmes comportements.

Rien ne saurait excuser ces attitudes et certainement pas des actes passés similaires, qu'ils aient été ou non dénoncés en leur temps. Cela reviendrait à penser qu'un délit resté une fois impuni doit l'être ad vitam æternam. Impensable.

Aujourd'hui, l'homme à la tête de l'état français vole l'argent des français et si le passage à l'euro nous a quelque peu fait perdre nos repères d'appréciation des valeurs de l'argent, souvenez-vous que 5 000 000 d'euros représentent la bagatelle de 32 800 000 (trente deux millions huit cent mille) francs.

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Alors que l'énorme majorité des français est priée de faire de très substantiels efforts pour pallier aux graves conséquences humaines de politiques économiques réclamant toujours plus de sacrifices pour nourrir les boulimiques appétits économiques de l'infinitésimale minorité possédante et dirigeante, alors que dans le 5eme pays le plus riche de la planète, partout sévit la paupérisation, le chômage, les problèmes de logement, les difficultés à se nourrir de plus en plus fréquentes et où ces dix dernières années le nombre de retraités pauvres a doublé (passant de 7 à 14% - écouter ci-contre l'extrait de 30s de l'émission du 10-04-2008 de France Culture Du Grain à moudre : « Retraites, le système par répartition est-il menacé?»), l'homme que le peuple français a désigné pour président vole l'argent dans les caisses de l'état.

Le président français profite du statut de sa fonction de représentant du peuple pour détourner de l'argent à des fin d'enrichissement personnel.

Il s'agit bien d'un vol.

Pourquoi et combien de temps encore autoriserons-nous nos représentants à nous traiter de la sorte ?
Pourquoi et combien de temps encore, par notre passivité, nous rendrons-nous responsables des agissements délictueux des hommes de pouvoir ?
Pourquoi et combien de temps encore nous placerons-nous d'office dans un rapport de subordination aux autorités politiques ?

Ce n'est certes pas sur le corps social que l'autorité des hommes de pouvoir élus par le peuple doit s'exercer mais bien sur les tâches pour lesquelles nous, peuple, les mandatons. En aucun cas, l'autorité politique est une autorité paternaliste et nous ne devons jamais perdre de vu qu'en tant que peuple adulte nous avons le devoir de ne pas nous inscrire dans un rapport infantilisant au pouvoir.

C'est bien à un renversement des rôles que nous devons nous attacher: notre devoir de peuple souverain nous impose d'agir de manière coercitive sur les représentant que nous nous choisissons. Depuis trop longtemps déjà, les hommes de pouvoir savent que nous leur laissons toute licence de se comporter comme ils le souhaitent. Nous n'exerçons pas assez souvent et pas assez fermement notre légitime autorité sur ceux qui gouvernent pour aller même jusqu'à accepter la leur au-delà de tout entendement.

Ci-dessous, la dernière partie de l'article paru dans le N°575 de Marianne:

Saut de ligne

Les deux mamelles de la Sarkozye

[...]

Car, au final, sans en faire la moindre publicité, le président de la République s'est fait voter une petite rallonge qui échappe à la fameuse «transparence» . Et qui n'a pas non plus grand-chose à voir avec la « modestie » revendiquée. Démonstration, calculette à l'appui. La base du budget est donc celui de Chirac, millésime 2007. Soit 32,3 mil­lions d'euros. Une somme à laquelle il faut ajouter 15,3 millions pour les «frais de voya­ges ». Jusqu'à présent, lorsque le président se déplaçait, les ministères de l'Intérieur, des Affaires étrangères, de l'Outre-mer étaient mis à contribution. Plus maintenant. L'argent qu'ils avaient provisionné est trans­féré à l'Élysée. Soit 32,3 + 15,3 = 47,6 mil­lions d'euros. Sous Sarkozy, les dépenses de personnel explosent. D'abord parce que le nouveau président a embauché : 88 personnes de plus que sous Chirac. Au total, au 1er octobre 2007, selon les décomp­tes de Roger Karoutchi, secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement, 1045 salariés. Les nouveaux embauchés sont venus gonfler le service du courrier, les secrétariats et les équipes de sécurité... Hormis le personnel contractuel, le Château paie désormais les quelque 860 personnes qui, jusqu'alors, étaient rémunérées par leurs administrations d'origine ou par des entreprises du type de La Poste ou de France Télécom. Le tout pour un total de 67 mil­lions d'euros, contre 16,8 précédemment. Soit une hausse de 50,2 millions d'euros. Qu'il faut ajouter aux 47,6 millions pour obtenir le montant du premier budget de l'ère Sarkozy. 50,2 + 47,6 - 97,8. Et non 100, comme l'Elysée l'a claironné et fait voter début novembre 2007. Nicolas Sarkozy s'est ainsi mis de côté 2,2 millions d'euros. Un joli petit pécule.

Et ce n'est pas tout. Sans invoquer une quelconque « modestie » et encore moins une supposée « transparence », le Parlement a voté juste avant les vacances de Noël 2007 une rallonge de 2,5 millions d'euros au budget élyséen. Justification du château : « l'importance de l'activité présidentielle ». On ne peut être plus précis. Enfin, les servi­ces de la présidence de la République ont oublié - volontairement ou non - de faire figurer dans le budget 2008 la somme de 412 787 €. Une petite manne qui correspond à ce que Jacques Chirac n'a pas dépensé sur son budget 2006. D'ordinaire ces (rares) trop-pleins apparaissent dans les « lois de règlement » que votent les parlementai­res une fois l'année budgétaire close. Les résidus de 2006 doivent ainsi apparaître dans le budget prévisionnel 2008. Celui-là même que les services de la présidence de la République ont fait voter à l'automne 2007
Or là, rien. Disparus, envolés les 412 787 €. Sans doute une nouvelle «opération pure­ment comptable »...

Ainsi, au total, Nicolas Sarkozy s'est mis de côté près de 5 millions d'euros.

Saut de ligne

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