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Privatisation de La Poste : des effets inattendus

Date de publication: le dimanche 4 mai 2008 à 00h26
Dernière modification: par Pascal BOYER le dimanche 4 mai 2008 à 01h27

Après nous être massivement mobilisés, depuis de nombreuses années, directement ou indirectement en faveur de la casse, voire du massacre du service public, nous mesurons enfin, depuis peu de temps, toute la jouissance que procure, à n'en pas douter, la hausse systématique, pour ne pas dire mathématique, de tous les services privatisés (Gaz, électricité, abonnement téléphonique, etc...) ainsi que la dégradation de ces mêmes services (délais allongés pour obtenir un RDV, renvoi des responsabilités d'un prestataire à l'autre en cas de problème, rentabilité prépondérante aux services, etc...).

Nous goûterons bientôt aux joies d'envoyer nos enfants dans des classes surpeuplées à moins d'être en mesure de s'acquitter des tarifs proposés par les écoles privées.

Tous les arguments avancés pour justifier la privatisation des services publics s'avèrent n'être que mensonges de même que toutes les vertus supposées de la privatisation se voient contredites par la réalité des faits.

Bref. Quel joli monde nous sommes-nous construit et laissons-nous à nos enfants !

A propos des bienfaits de la privatisation des services de La Poste, voici ce que publie la revue Moto Magazine ( N°247 - Mai 2008), augurant un bien sinistre avenir à la presse magazine dans son ensemble:

Saut de ligne

Coup bas

La presse va subir l'un des plus mauvais coups qu'elle ait reçu depuis des lustres, et la presse spécialisée en particulier. Moto Magazine n'y échappera pas, comme tous les autres journaux moto. Le syndicat de la presse magazine et spécialisée craint que 1500 titres disparais­sent, et avec eux quelque 20 000 emplois !

Sous couvert de déficits publics créés depuis des années par des incompétents régulièrement élus ou cooptés, et au prétexte que la Poste doit être ouverte à la concurrence en 2010, pour cause de directive européenne, notre gouvernement a missionné un conseiller à la Cour des comptes pour rédiger un rapport sur la suppression des aides à la presse (TVA et tarifs postaux réduits).

Si plusieurs milliers d'emplois n'étaient pas en jeu, on pourrait presque rire de la méthode désormais connue du « on décide puis on consulte ». Mais la direction de la Poste a déjà donné ses consignes tarifaires pour 2009 à ses collaborateurs, sans même attendre la remise du rapport prévue pour le 31 mai prochain. Dans l'état, l'augmentation des tarifs postaux pour les abonnements serait de l'ordre de 70 à 100 %, soit pour Moto Magazine, 500 000 € de charges en plus. Sans compter l'aug­mentation du taux de la TVA (+ 3 à + 15 points). La conséquence pour nos lecteurs sera alors une hausse d'environ 6 € de l'abonnement et un prix de vente au numéro de + 17 %.

Il nous semblait qu'il y avait d'autres moyens de relancer la croissance et le pouvoir d'achat que de celui de mettre tout un pan de l'économie en danger (édition, imprimerie, routage, ventes des publications, etc.).

C'est la remise en cause d'une liberté d'expression qui sera, à terme, réservée aux plus riches. La démo­cratie a un prix et un État digne de ce nom doit en assumer les exigences, fussent-elles financières. Les aides à la Poste pour la presse spécialisée ne représentent rien en regard du milliard de bénéfice qu'elle dégage !

Une autre vision de la gestion de la chose publique pourrait permettre de dégager des solutions acceptables par tous au nom de l'intérêt général. Force est de constater que nos gouvernants sont aux antipodes de cette logique et nous conduisent dans un mur. À suivre...

Michel MAHÉ - GÉRANT DES ÉDITIONS DE LA FFMC

Saut de ligne

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