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L'insurrection qui vient

Date de publication: le samedi 3 janvier 2009 à 15h34
Dernière modification: par Pascal BOYER le dimanche 4 janvier 2009 à 21h11
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Qu'est-ce qu'un millier d'économistes du FMI gisant au fond de la mer ?

Un bon début !

Blague de la Banque mondiale

L'insurrection qui vient

« L'insurrection qui vient » est un ouvrage de 120 pages dont 80 consacrées à une critique de la société capitaliste occidentale. Quant aux 40 dernières, elles sont une tentative de présenter une organisation insurrectionnelle.

Ce livre, écrit sous couvert d'anonymat par le « Comité invisible» est, sans aucune preuve avérée, attribué par la justice française à Julien Coupat (affaire Tarnac):

« L'insurrection qui vient » est par ailleurs publié par les éditions « La fabrique» (Eric Hazan) dont la présentation est disponible sur cette page du site de l'éditeur.

Au delà de l'incitation à l'insurrection dont il est question dans le dernier quart du livre, incitation dont chacun fera en conscience l'examen et à laquelle je ne prête aucun véritable avenir, je souscris en revanche tout à fait à la démarche de critique de notre société présentée par cet opuscule.

J'y souscris d'autant plus volontiers que je perçois d'une part, comme des millions d'hommes et de femmes, très nettement les dérives fascistes, policières, liberticides du régime autoritaire qui gouverne depuis l'élection de N. Bruni et d'autre part l'absence inquiétante, complaisante et complice du parti socialiste à son rôle de force d'opposition et de relais des revendications sociales du peuple. L'immense majorité des français, celle qui depuis des décennies est appelée, de gré comme de force, à encaisser tous les assauts du capitalisme débridé, se retrouve aujourd'hui politiquement orpheline ou presque. Les vrais partis de gauche, ceux à gauche du parti socialiste reconverti en véritable hersatz de l'UMP, ne jouissent que d'une infime représentation parlementaire. Quant aux réformes de l'audiovisuel et de la presse, qui peut encore oser prétendre qu'elles ne conduisent tout simplement pas soit à la concentration du pouvoir médiatique entre les mains des industriels privés à l'origine des politiques d'état soit à devenir des porte-parole obséquieux, serviles du pouvoir ?

Un état dans lequel disparaît, avec le consentement silencieux du peuple ou non, les vecteurs de contestation (grèves, média, opinion, etc...) est un état qui se radicalise pour tendre dangereusement vers le totalitarisme. Or la France emprunte insidieusement cette voie détestable depuis déjà trop longtemps.

La critique des auteurs de « L'insurrection qui vient » est au système capitaliste une réponse aussi radicale que peut l'être la revendication par les esclaves de leur liberté au yeux des esclavagistes. Ces derniers trouvaient intolérables que ces « sous-êtres» puissent envisager de se défaire du joug de leurs maîtres. Ces revendications mettaient en péril l'organisation sociale et menaçaient l'ordre public.

En 2008, qu'est-ce qu'une pensée révolutionnaire:

  • ne pas avoir de télé,
  • vouloir plus de justice sociale,
  • accuser les nantis de voler l'argent du plus grand nombre à seule fin de s'enrichir,
  • dire que la France est un pays immensément riche,
  • aider des sans-papier,
  • dire que proposer des emplois à plein temps pour 800 € est un scandale en même temps qu'une volonté politique,
  • manifester pour garder son travail,
  • dire qu'en 25 ans, la part des salaires dans le PIB à baissé de 9.3% (~150 à 180 milliards d'€uros sont ainsi passé dans les poches du capital),
  • dire que le CAC 40, créé en 1987, à progressé de 350% (avec des pics à plus de 500%) pendant que les salaires stagnaient sur la même période,
  • dire que depuis 10 ans les bénéfices des sociétés du CAC 40 n'ont jamais cessés de croitre (66 milliards en 2004, 84.5 en 2005, 97.7 en 2006 et 100 milliards d'€uros en 2007)
  • penser différemment,
  • inciter à boycotter une marque, un produit,
  • être contre les OGM tant que leur innocuité n'est pas prouvée,
  • être contre la construction asociale de l'Europe et son traité de Lisbonne,
  • dénoncer la politique criminelle de l'état d'Israël à l'encontre du peuple Palestinien,
  • etc...

Il y a dix ans, être révolutionnaire c'était:

  • penser que les logiciels libres avaient un avenir,
  • penser que manger bio avait du sens,
  • penser que l'agriculture bio avait du sens et un avenir,
  • penser que la planète était en danger,
  • penser que la nourriture industrielle nous empoisonne et nous tue,
  • penser que le système capitaliste devait être encadré par l'état avant qu'il ne s'effondre,
  • penser que la guerre en Irack était un mensonge,
  • aller voir les films de Michael Moore,
  • penser que le capitalisme débridé engendre la paupérisation de masse,
  • etc...

...toutes choses que le monde occidental a depuis lors accepter de regarder comme faisant partie des réalités de notre monde.

En 1942, les premiers résistants étaient des révolutionnaires que le régime de Vichy combattaient, soutenu par la très grande majorité des français.

Un révolutionnaire n'est pas obligatoirement un assoiffé de sang et de terreur que seul l'apocalypse viendra rassasier. Bien loin de cette image du parfait terroriste, un révolutionnaire est certainement celui par qui la nouveauté arrive, c'est à dire celui qui jamais ne se laisse aller à la vie confortable des habitudes, des traditions et à qui ne sied point de s'endormir au son de la litanie susurrée par son maître. Le révolutionnaire est celui qui oblige, parce qu'il bouscule, dérange et remet en cause, à aller de l'avant. Le révolutionnaire est celui par qui le mouvement nécessaire à la construction de notre avenir naît.

En ces temps de terrorisme idéologique, il me semble plus que salutaire de porter au grand jour ce que les dirigeants s'ingénient à vouloir laisser dans l'ombre. Salutaire de prendre connaissance des revendications et critiques de celles et ceux qu'un état fascisant proclame terroristes. Salutaire de lire les 80 premières pages de l'ouvrage « L'insurrection qui vient ». Et peu importe la radicalité de leurs critiques. Il serait dommage de se priver de cette lecture pour cette unique raison puisque chacun est à même d'y apporter la modération qui lui convient. Qu'il apparaisse difficile de prendre, dans leur globalité, leurs propos au pied de la lettre n'enlève rien, absolument rien au travail critique des auteurs. Peut-être est-ce même en raison de l'obligation de tempérance que parfois entraîne l'extrémisme du contenu que nous devons lire cet ouvrage. Ce serait une erreur à double titre que de balayer d'un revers de main « L'insurrection qui vient »: en premier lieu de ce que ce revers mains trahirait d'extrémisme et en second lieu de ce qu'une critique, toute absolue soit-elle, n'en recèle pas moins l'éclat de vérité qui nous révèle ce que d'autres veulent si sûrement nous voiler. Qu'ont-ils donc à cacher, tous ces censeurs, tous ces destructeurs de liberté de penser et d'agir ?

« L'insurrection qui vient » ne peut être vulgairement réduit à une élucubration intellectuelle dont l'inéluctable objectif serait la mobilisation révolutionnaire décrite en fin d'ouvrage. « L'insurrection qui vient » est avant tout une critique acerbe, profonde et d'une réelle acuité de notre société et du système capitaliste qui vient de nous montrer, toute critique mise à part, l'ampleur de sa perversité et celle du degré de corruption des hommes qui le faisaient vivre.

Vous trouverez, grâce à Google, la version PDF de « L'insurrection qui vient » sans aucune difficulté. Vous pouvez également le télécharger en cliquant sur l'image de couverture ci-dessus.

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