Date de publication: le samedi 10 octobre 2009 à 16h57
Dernière modification: par Pascal BOYER le lundi 30 janvier 2012 à 09h36
» Article suivant: L'esprit critique des français en images
Repères pour la lecture du livre La mauvaise vie
Nombre de citoyens s'interrogent sur la compatibilité entre tenir le poste de ministre de la culture et rédiger un livre comme La Mauvaise Vie (n°12814 de la collection POCKET. 371 pages).
La culture française n'est pas que la culture artistique, elle couvre aussi toutes les valeurs humaines développées par notre peuple au cours de son histoire douloureuse. Valeurs parmi lesquelles se trouvent la défense des droits des enfants encore bafoués dans de nombreux pays, et en particulier dans ceux fréquentés par Monsieur Mitterrand, touriste sexuel.
Voir sur le site droitsenfant.com la convention internationale des droits des enfants.
Comment se fait-il que se livre n'ait pas fait scandale dès sa sortie en 2005? On trouve facilement sur Internet des échanges d'avis sur ce livre qui datent de plus d'un an.
Il a fallu que M. Mitterrand défende le cinéaste M. Polanski pour que ce livre revienne à la surface. Et pour cause M. Polanski a sodomisé une jeune fille américain de 13 ans après l'avoir saoulée?droguée?. La justice américaine veut régler définitivement cette affaire juridique en suspens depuis 30 ans.
I. D'abord le point sur trois définitions
- Un homosexuel (homme ou femme) est un individu qui préfère les relations sexuelles avec des individus du même sexe que lui. Le mot lesbienne est de préférence utilisé pour les femmes.
- Un pédéraste est un homme qui préfère les relations sexuelles avec de jeunes hommes (majeurs).
- Un ou une pédophile est un homme ou une femme qui préfère les relations sexuelles avec des mineur(e)s du même sexe ou pas. Pratique condamnée internationalement par la convention des droits des enfants que la France a signée.
II. Deux mots clefs écrits par l'auteur de ce livre donnent une grille de lecture
Pédophile planqué
Pour les trouver noir sur blanc il faut lire les deux pages 347 et 348 de l'édition POCKET (voir les pièces jointes).
Aux environs de l'année 2000 Frédéric Mitterrand circule en touk-touk avec un rabatteur qui lui commente les spécialités des trente clubs de Patpong (Birmanie). Il est revenu en touriste sexuel dans cette ville où 3 ans avant il avait déjà satisfait ses pulsions. Le rabatteur s'aperçoit que Frédéric Mitterrand est Français, alors son visage s'éclaire et il lui propose "young boys, no trouble, very safe" ( jeunes garçons, pas de danger, bien protégé). Devant cette attention à son égard et qu'il apprécie, Frédéric Mitterrand écrit "mesure(r) le chemin parcouru par la réputation des Français, depuis le french-lover hollywoodien des années trente au pédophile planqué des années deux mille".
L'emploi du singulier – au pédophile planqué – nous permet d'affirmer que Frédéric Mitterrand parle donc de lui et de personne d'autre.
Pourquoi parle t-il de french-lover hollywoodien ? Parce que l'auteur de La mauvaise vie fait allusion à un livre d'André Gide, L'Immoraliste, transposé en pièce de théâtre. Dans ce roman André Gide s'identifie beaucoup à son héros, Michel, qui comme lui assume son homosexualité, voyage beaucoup, et partage ses plaisirs avec de jeunes maghrébins. André Gide a aussi raconté une nuit de plaisir avec un mineur dans un livre intitulé Le Ramier. Le premier rôle de la pièce L'Immoraliste, jouée en 1947, est tenu par Louis Jourdan qualifié depuis les années 1940 de french-lover hollywoodien (jeune premier d'Hollywood). Louis Jourdan a joué avec Michel Morgan comme Frédéric Mitterrand lui-même (voir le chapitre Litanie dans les pages 61à 72).
On comprend donc que Frédéric Mitterrand cherche la caution d'André Gide pour faire admettre sa pédophilie.
Son livre n'est pas un roman, ni une fiction
Les biographies trouvées aisément sur Internet montrent que les événements décrits dans l'ouvrage sont ceux de la propre existence de l'auteur (
La « mauvaise vie » d’un honnête homme
).
Lui-même, lors d'interviews à la sortie de son livre en 2005, affirmait qu'il s'agit là de ce qu'il a vécu.
On y trouve plusieurs fois et clairement des allusions à son oncle président (page 351 ligne29), à ses activités professionnelles et ses relations familiales identifiables.
La couverture de l'édition POCKET n°12814 met l'auteur lui-même en scène.
III. Le livre est composé de dix chapitres
Les six chapitres Enfance, Litanie, Eté 47, La méchante et la gentille, La veille dame et Tenerézza Tenderness émeuvent, captivent.
Il s'agit de récits sur l'enfance et diverses étapes de la vie de Frédéric Mitterrand qui ne peuvent laisser indifférent.
Mais les quatre autres Carmen, Quentin, Howard Brookner et Bird comportent des récits révulsants. Bien que leurs contenus soient parfois "aérés" par quelque chose qui rappelle le contenu des six chapitres précités, l'essentiel de ce qui y est écrit ressemble à une tentative pour faire admettre la pédophilie et le tourisme sexuel.
IV. Il est difficile de donner un âge aux "garçons" que fréquente Frédéric Mitterrand
L'auteur croit rester suffisamment dans le flou pour que l'âge de ses victimes n'apparaisse pas.
On constatera d'abord que dans aucune page ne se trouve l'affirmation qu'il ne couche qu'avec des hommes majeurs. Il ne précise jamais s'il vérifie leur date de naissance. Il ne fait jamais allusion aux consignes qu'il donne aux rabatteurs et « poissons-pilotes » pour qu'ils ne lui sélectionnent que des hommes majeurs certifiés.
Cependant des dates, des expressions, des termes permettent de ne pas accepter cette affirmation sans preuve de l'auteur : « jamais de rapports avec des individus mineurs».
En 1963
Il fut très troublé par un certain Quentin, copain de ses frères aînés (1). L'auteur a 16 ans (2) (né en 1947), cela nous situe en 1963. Mais il fut aussi amoureux à cette époque de Minou âgé de 10 ans (3) et il précise que « ce qui m'intéressait le plus après Quentin (son grand frère) c'était le petit frère (Minou)».
À propos de Minou, et pendant au moins 6 pages, l'auteur décrit l'évolution de leurs sentiments respectifs et de leurs comportements pendant 7 années. L'approche du "passage à l'acte" est soigneusement décrite (4)... Pas de chance, la maman de Minou entre inopinément avec deux tasses de thé. Frédéric Mitterrand tentera à plusieurs reprises de trouver une nouvelle occasion, jusqu'à la dernière, quand Minou à 17ans (1970) (5) et donc l'auteur 23 ans.
Il ne s'agit donc pas là d'homosexualité puisqu'en 1967 l'auteur est majeur et fréquente "un gosse" de 14 ans, et cela pendant 3 ans.
L'été 1967 (6), l'auteur a donc 20 ans et fréquente encore Minou. Mais il vit aussi « l'aventure grecque ». Par dépit amoureux à l'égard d'un autre garçon, qu'il aurait voulu comme premier homme et qui le délaisse, il partage la vie d'un jeune hellène à Mykonos : celui-ci «... reste le premier de la très longue série avec lequel » il a « pris le pli de payer pour les garçons » (7).
1 p183 ligne21 2 p194 ligne32 3 p204 ligne12 à 15 4 p208. ligne10 5 p209 ligne6 6 p138 ligne34 et 140 ligne17 7 page161 ligne21
En 1980 (8)
Il propose à Howard Brookner « d'aller voir les garçons le soir à Paris... à la fin (de ce) printemps parce que les garçons étaient souvent en short et certains même torse nu ; il y avait de tout...rue Sainte Anne » (9).
On a du mal à supposer que dans le 1er arrondissement de Paris des adultes de plus de 18 ans racolent dans la simple tenue décrite. À cet âge, en 1980, les gigolos préfèrent être bien fringués et ne pas ressembler à des gamins du vieux port de Marseille... ou bien alors il s'agirait de «très jeunes garçons »...
Aux environs de l'an 2000
En Thaïlande, les garçons des clubs spécialisés que l'auteur fréquente, sont « la plupart d'entre eux...jeunes (10) , ce sont souvent des étudiants, (qui) ont une petite amie et vivent même parfois avec leur famille qui prétend ignorer l'origine de leur gagne-pain. Quelques-uns sont plus âgés , ...des malabars mal dégrossis,...(aussi) leur présence fait ressortir la séduction juvénile de tous les autres », « des gosses » (11).
A partir de quel âge et pendant combien d'années est-on un gosse, un étudiant juvénile en Thaïlande ? Quel y est l'âge de la majorité ? Quelle est la réglementation antipédophile dans ce pays ? Il n'en parle pas.
Avant que les socialistes ne prennent le pouvoir et un peu après
L'auteur dit avoir vécu « le gentil petit commerce de Madame Madeleine » près de Pigale. « Ce fut la meilleure période » (12) et cela lui « manque » (13). Le poisson-pilote de ce bordel, M. Jackie (14) fournissait ‹‹ le petit Rachid ou le beau Marcel›› (15). Ce rabatteur en vint un jour à se plaindre « de ne plus trouver (à fournir) que des jeunes Arabes » (16) depuis que les socialistes avaient pris le pouvoir !! (17)
Des jeune maghrébins encore
Frédéric Mitterrand a tenté la solution Maghreb à regret : « l'échange paraît facile... mais la transgression est absente, on sert de femme de remplacement... les beaux gosses arrivent comme au sport... ce sont les familles qui mènent le jeu et gagnent à tous les coups... de vieilles folles compulsives (voir note 35) y trouvent leur avantage... puis les garçons disparaissent d'un seul coup (18)... la fatigue ne vous donne plus très envie de continuer ».
Pourquoi parler de l'absence de transgression en la regrettant? Pour qu'il y ait transgression ne faut-il pas qu'il y ait interdit? Interdit de prostitution d'enfant?
...et aussi des garçons de Moscou, de New York, de Cuba, et d'ailleurs
« Mais le complexe de l'homme blanc prospère sur tout ce malheur....de toute façon on ne peut jamais ramener personne... essayez de convaincre un agent consulaire... le minet n'immigre pas » (19). Cela l'exaspère au point de dire : « et s'il y avait tout de même une autre Mme Madeleine planquée quelque part ?» !!
8 p217 ligne 2 9 p231 ligne19 et la suite 10 p312 ligne15 et suivantes 11 p315, ligne3 12 p165 ligne 8 13 p168 ligne 21 14 p166 ligne 26 15 p167 ligne 10 16 p168 ligne 12 17 p 167 ligne 35 18 p169 ligne 15 à 33 19 p 170 ligne 3 à 22
V. Voici la stratégie qu'utilise l'auteur avec les jeunes qu'il choisit
Avec « l'argent et le sexe je suis au cœur du système » dit-il, système « qui fonctionne enfin, car je sais qu'on ne me refusera pas » (20). Aller en Thaïlande, en Indonésie c'est « enfin choisir... ce que je n'ai jamais eu, j'ai le choix », « je peux enfin me raconter des histoires en fonction de chaque garçon ; ils sont là pour ça et moi aussi ». « la seule chose qu'on attend de moi, sans me brusquer, sans m'imposer quoi que ce soit, c'est de choisir. Je n'ai pas d'autre compte à régler que d'aligner mes bahts (monnaie thaï) , et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme disait l'autre » (21).
« Je casse le marché (22) pour étouffer mes scrupules, je me fais des romans, je mets du sentiment partout ». « Tous ces rituels de foire aux éphèbes, le marché d'esclaves m'excitent énormément.....me plaît au-delà du raisonnable. La profusion de garçons me met dans un état de désir que je n'ai plus besoin de freiner ou d'occulter ».
À Bangkok, l'auteur a « acquis la réputation d'être large sur les tarifs », il incite par là « les garçons », défilant sur une estrade dans les clubs spécialisés avec un numéro attaché à la ceinture, « à s'ingénier à repasser plus souvent devant moi pour que je désigne leur numéro ». (23)
Il affirme même que « la corruption est un sport d'aveugle » (24), c'est pour cela qu'il tient à « toujours payer (les garçons) tout de suite pour prendre l'avantage et sidérer l'adversaire », « on allonge l'argent à tâtons tant ce qu'on cherche à atteindre est incertain ».
Il a même une théorie sur les rapports "garçon/client"
Il médite sur « le mépris » en général du « garçon pour le type qui le paye », et sur le mépris de ce type à l'égard du garçon (25) :
« le mépris protège le garçon il flatte le désir de puissance du client... et si celui-ci est un jeune (comme l'auteur), (c'est qu') il se dérobe à des risques de son âge en usant de l'arme déloyale de l'argent... de toute façon en dehors d'arrêter il n'y a pas d'autres issues. On entre alors en clandestinité (pédophile planqué? voir page
347
et
348
déjà cité en § II. )... on ne peut plus s'en passer... détail affreux, ça ne coûte finalement pas si cher... et l'argent que l'on dépense n'est jamais vraiment perdu. Il faut tout de même faire attention, c'est parfois dangereux, les plus graves menaces surgissent quand on est trop gentil (avec le garçon qui) ne peut plus mépriser commodément... peut prendre peur, s'enrager et devenir incontrôlable avec des pulsions de meurtre... On repense à Pasolini... C'est la référence obligée... (mais aussi à ) son mignon (Pelosi) encrassé dans son ignorance et sa vanité, et fier d'avoir été choisi par un type célèbre...» et, se mettant dans la peau de Pasolini, il dit avoir peur de ce genre de garçon, meurtrier d'écrivain, de scénariste, de metteur en scène, ce que Frédéric Mitterrand est aussi ! La comparaison avec Pasolini lui servirait-elle, là aussi, de caution?
20 p 315 ligne 20 et suiv. 21 p 315 ligne34 22 p 315 ligne7 23 p 358, ligne25 24 p 318 lignes 21, 22 25 de p 162 ligne 2, à p 165
L'auteur sait de quel commerce il est utilisateur...et donne encore d'autres indices
« Évidemment, j'ai lu ce qu'on écrit sur le commerce des garçons... et... je sais ce qu'il y a de vrai dans leurs enquêtes à sensation: l'inconscience ou l'âpreté de la plupart des familles, la misère ambiante, le maquereautage généralisé... les montagnes de dollars que cela rapporte quand les gosses n'en retirent que des miettes ». (26)
Pourquoi parle-t-il d'inconscience et d'âpreté des familles, si cela concerne des gosses majeurs? Les hommes majeurs qui se prostituent sont généralement devenus indépendants de leur famille. L'auteur parlerait-il donc d'enfants mineurs?.
Et même si en son for intérieur il pense « Ces gosses ont largement l'habitude des hommes, bien qu'ils ne les aiment pas vraiment » (27), tout en observant l'un d'eux (Bird) dans sa chambre d'hôtel, il remarque cependant qu'il « évite mon regard, un fond de pudeur, une ombre d'inquiétude peut-être devant mon comportement... insolite », car logiquement « à mon âge...on se trouve un darling (un cheri) gratuit... quitte à lui payer un Walkman en partant » (28).
On doute que des garçons majeurs se prostituent pour un Walkman... des gosses peut-être?
Les remords, la honte consciente et mobilisatrice d'un effort de maîtrise de son handicap ne se rencontrent pas dans le livre. On y apprend par contre qu'à propos de sa virée à Djakarta pour rejoindre les « nice boys very clean qui brûlent de vous connaître » il dit la vivre comme « une expérience intellectuelle somme toute plutôt amusante ». (29) Et il faut relire ici les notes 20 à 24.
L'auteur fait du tourisme bien qu'il y rencontre des horreurs
À Bangkok, après avoir traîné de club en club il a « failli marcher sur un tout petit enfant qui dormait comme un mort... J'aurais voulu le prendre contre moi, dit-il, le dorloter à l'hôtel, l'emmener par le premier avion en France », ceci l'a dessaoulé d'un coup, mais il n'a réussit qu'à « lui donner un beau billet....(l'enfant) s'est enfui... effrayé par le trésor enfoui dans ses hardes » (30) (voir aussi la note 39).
Comment peut-on continuer le tourisme sexuel après de tels rencontres?
26 p 314 de la ligne 31 puis p 315 27 p 317 ligne 10 28 p 317 ligne l7 29 p 334 ligne 23, ligne 36 30 p 352 ligne 30
VI. Frédéric Mitterrand victime de pulsions irrépressibles ?
Les chapitres où il décrit ses relations sexuelles montrent qu'il n'a pas su, ni pu, ni voulu maîtriser ses « divagations sexuelles » (31), « desserrer l'étau qui (lui) écrase la nuque », résister aux «.... frissons qui (le) prennent » (32) et aux « sensations violentes (qu'il) avait oubliées». Il dit même avoir cherché et retrouvé cette « vieille poigne d'acier à laquelle (il) ne (croit) plus » et qui « s'est abattue brusquement sur (sa) nuque » à l'apparition du jeune Bogos dans un bordel de Djakarta. (33)
Frédéric Mitterrand ne dit jamais que, conscient de son handicap, il a entrepris une approche thérapeutique de la maîtrise de ses pulsions. Il ose même émettre l'hypothèse que le cordon ombilical qui lui a serré le cou à la naissance « au fond expliquerait pas mal de choses ». (34) Drôle d'excuse pour justifier ses « faiblesses ». Les possibles conséquences de la strangulation par le cordon, qui sont essentiellement une privation du cerveau en oxygène pouvant entraîner un handicap moteur et/ou mental, ont été épargnées à l'auteur. Ses écrits et ses activités professionnelles publiques le prouvent assez.
VII. Frédéric Mitterrand et les homosexuels
On peut détecter d'autre part son mépris à l'égard des "pédés" (terme péjoratif utilisé plusieurs fois), " des vieilles folles", " Un détritus de vieille folle peinturlurée", des " tantes blondes" (35). Le psychanalyste André Serge précise ( in La signification de la pédophilie ) que c'est une caractéristique de la pédophilie : « Pédophiles et homosexuels ont horreur les uns des autres, c'est une donnée bien connue de la clinique ». (36)
VIII. Frédéric Mitterrand et le rôle du père
Dans le premier chapitre, Ferédéric Mitterrand insiste sur l'absence du père (qui existe et qu'il a rencontré) pendant toutes les négociations et les entrevues avec la mère du petit maghrébin qu'il a "adopté". Il va savoir le remplacer. La preuve : le petit garçon a pu un jour mesuré que l'auteur « ne lui avait jamais manqué pour un problème crucial auquel les autres adultes ne s'étaient pas intéressés ». (37) Et l'enfant s'est alors laissé apprivoiser.
Ce chapitre est d'ailleurs consacré à faire partager au lecteur le sentiment qu'il est devenu désormais un bon père.
Pourquoi un petit garçon plutôt qu'une petite fille? « Parce que les garçons touchaient évidemment à quelque chose de plus intime et de plus ambigu - quoique...». (38)
En racontant que depuis longtemps il avait eu le désir d'avoir ce petit maghrébin pour lui, il prépare le lecteur à la scène du petit enfant de Bangkok (voir note 31). Il avait pourtant tout d'abord chassé cette pensée d'adoption: « L'idée de le prendre avec moi est sans doute née de cet instant et de cette image qui s'était gravée aussi profondément qu'un souvenir de ma propre enfance; je l'ai chassée assez vite cependant car c'était une autre de ces idées folles qui m'assaillent à chaque fois que je rencontre un enfant perdu au cours de mes voyages». (39) Maintenant, avec l'âge, il a sublimé ses folles idées en amour paternel.
Pour décrypter ce chapitre il faut certainement lire ce que dit le psychanalyste Serge André ( in
La signification de la pédophilie
):
« Restaurer la passion d'être père et faire de celle-ci le modèle de la passion amoureuse, tel est l'enjeu le plus radical de la pédophilie. C’est la raison pour laquelle le pédophile est intimement persuadé de faire du bien aux enfants avec qui il entretient des relations amoureuses ou sexuelles. C’est pourquoi aussi il est convaincu de se montrer meilleur éducateur - meilleur parce que plus vrai - que le père légal. Il réplique aux lois et aux moeurs familiales qui châtrent les pères avant de châtrer les fils, que seul peut être à la hauteur de sa fonction le père dont l’amour ne recule pas devant la passion. Une passion qui ne rejette ni ne refoule ce qu’elle comporte de sensualité et d’érotisme. Une passion qui exige la réciprocité parce qu’elle croit savoir que l’enfant lui-même réclame cette sensualité paternelle.».
31 p 334 ligne 12. Édition de Pocket nº12814 32 p 317 ligne 2 33 p 338 ligne 15 à 24 34 p 86 ligne 17 35 p 169 ligne 22, p 317 ligne 21, p 348 ligne 28 36 Cf conférence à Lausanne le 8 juin 1999 (voir lien) 37 p 15 ligne 9 38 p 17 ligne 17 39 p 15 ligne 17
Roger BRIOT














