Date de publication: le dimanche 26 août 2007 à 22h13
Dernière modification: par Pascal BOYER le dimanche 26 août 2007 à 22h13
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Collectif ACDC: les Autres Chiffres Du Chômage
Vous trouverez l'ensemble des documents partiellement reproduit ici sur le site officiel de ACDC: acdc2007.free.fr
L’indemnisation du chômage dans le PIB tend à diminuer
ACDC a publié le 26 février 2007 une note N°3 ainsi introduite:
Collectif « Autres Chiffres Du Chômage »
26/02/07 - Note n°3
DES CHOMEURS EN DEFICIT
L’Unédic annonce pour 2007 un retour à de substantiels excédents. Mais la nouvelle n’est pas bonne pour les chômeurs, car elle résulte d’une dégradation importante de leurs droits : la proportion de demandeurs d’emploi indemnisés a reculé de près de sept points depuis 2003. Moins d’un chômeur sur deux est aujourd’hui indemnisé par l’Unédic. Le montant des allocations demeure faible, 80% du SMIC en moyenne ; les inégalités de traitement entre chômeurs sont importantes, particulièrement au détriment des jeunes, des précaires et des femmes. Depuis 1979, pas moins de six réformes ont progressivement réduit les droits à indemnisation, et le RMI sert de plus en plus de voiture-balai. Sur vingt-cinq ans, malgré la hausse considérable du chômage, le poids de l’indemnisation du chômage dans le PIB tend à diminuer.
Réalités du chômage en france
La lecture de cette note N°3 révèle également:
- Pourtant en réalité, selon les statistiques de l’Unédic, seulement 47,5% des chômeurs étaient indemnisés fin 2006 : moins d’un chômeur sur deux.
- Depuis 2003, la proportion des chômeurs qui reçoivent une indemnisation est en chute libre.
- Les données financières de l’UNEDIC affichent une baisse tout aussi impressionnante : les dépenses d’indemnisation ont diminué de 10,3% entre 2004 et 2006.
- Au delà de cette moyenne, les inégalités entre chômeurs indemnisés sont mal connues : on estime qu’aujourd’hui entre 30% et 40% des chômeurs indemnisés perçoivent moins d’un demi-SMIC.
- La couverture par les allocations de chômage est plus faible pour les femmes que pour les hommes : à tous les âges, les femmes sont moins souvent indemnisées que les hommes.
- Depuis 25 ans les réformes successives de l’Unédic ont en effet progressivement durci les conditions d’accès pour les contrats précaires
- La majorité des chômeurs est donc aujourd’hui exclue du Régime d’assurance chômage. Parmi ces exclus, seule une minorité perçoit une allocation du régime dit de « solidarité » (Allocation de solidarité spécifique - ASS ; allocation d’insertion – AI ; allocation équivalent retraite - AER). Les « bénéficiaires » de ces allocations représentent environ 10% du total des demandeurs d’emploi.
- Le niveau de ces prestations de « solidarité » est bien plus faible que les indemnités versées par les ASSEDIC, pourtant déjà peu élevées. En 2006, le montant journalier de l’ASS représente moins de 2 heures de salaire au SMIC horaire ; celui de l’AI, moins d’1,3 heures.
- En 1986, l’ASS moyenne représentait plus de 60% de l’indemnité moyenne accordée par les ASSEDIC : elle représente moins de 50% en 2006. L’AI est passée de plus de 50% de l’indemnité ASSEDIC moyenne en 1986 à moins de 35% en 2006.
- Globalement, le niveau de l’ASS et de l’AI est aujourd’hui inférieur, en pouvoir d’achat, à ce qu’il était il y a vingt ans, en 1986.
- Le niveau mensuel du RMI pour une personne seule, déjà peu élevé lors de son instauration en 1989, a considérablement baissé depuis en termes relatifs. En 2006, le RMI pour une personne seule représente chaque jour environ 1,8 heures de travail au SMIC horaire, contre 2,3 heures au moment de sa création en 1989, soit un décrochage de 22%.
- Avec une indemnisation de plus en plus faible – ou inexistante- les chômeurs sont de plus en plus contraints d’accepter des « petits boulots » pour joindre les deux bouts. L’extension des possibilités de cumul entre l’indemnisation et le salaire a favorisé ce mouvement. Suite aux restrictions apportées par la réforme de 2003 (cf. fiche 1), la proportion de ces chômeurs-travailleurs, qui stagnait depuis 2000, a repris sa croissance pour atteindre aujourd’hui un niveau record. Aujourd’hui, chaque mois, environ un chômeur sur trois a exercé une activité rémunérée.
- Le chômage augmente, mais son indemnisation coûte de moins en moins cher.
- Malgré cette hausse considérable, la part du PIB consacrée aux prestations de chômage a eu tendance à diminuer depuis 25 ans (cf. graphique ci-dessous). Les dépenses consacrées au chômage augmentent quand la conjoncture se détériore, ce qui donne lieu à des effets cycliques de court terme. Mais sur une longue période, la tendance à la baisse des dépenses consacrées au chômage est très nette.
- Une étude récente de la DREES confirme ces résultats. Autrement dit, le nombre de chômeurs augmente, mais l’effort financier consacré à leur indemnisation ne cesse de diminuer.
- Depuis la création du RMI (Revenu minimum d’insertion) fin 1988, on observe un décrochage similaire pour cette prestation. Alors que le montant mensuel du RMI pour une personne seule représentait 68 SMIC horaires en 1989, ce montant s’élève en 1986 à 53 SMIC horaires
Les chiffres du chômage de février 2007
Publiés le jeudi 29 mars 2007, les chiffres officiels du chômage pour le mois de février 2007 font débat.
Le chômage n'a pas baissé en 2006
Ci-dessous, je reproduits le texte du Communiqué de presse 8 mars 2007 intitulé:
Saut de ligne
D'après l'enquête Emploi de l'INSEE, le chômage n'a pas baissé en 2006
Lors de la réunion du Conseil national de l'information statistique du 8 mars, l'INSEE a révélé que le taux de chômage mesuré par l'enquête Emploi en 2006 s'établit à 9,8%, soit exactement le même niveau qu'en 2005. L'enquête confirme donc ce que le collectif ACDC affirmait dans sa note n°2 : le recul du taux de chômage affiché par l'ANPE et le gouvernement est largement, voire totalement factice.
L'INSEE a présenté des explications techniques visant à discréditer ce résultat gênant pour le gouvernement, et à justifier le report de sa validation à octobre 2007. Ces explications ne sont pas convaincantes.
Toute enquête statistique comporte des marges d'incertitude. Mais les informations fournies par l'INSEE ne permettent pas de conclure que ces marges sont plus importantes en 2006 que les années précédentes. Le taux de non-réponse à l'enquête Emploi est resté stable entre 2005 et 2006, à 81%. Les fluctuations locales signalées par l'INSEE ne sont pas de nature à affecter l'estimation du taux de chômage national. Les biais dits de « rotation », connus de longue date par les spécialistes, ne sont pas plus importants que les années précédentes. Les résultats du recensement en continu, supposément contradictoires avec ceux de l'enquête Emploi, ne portent pas sur le chômage BIT, et ne sont en fait disponibles que jusqu'à début 2006, alors que le débat porte sur le chômage en 2006. Contrairement à ce qu'affirme la direction de l'INSEE, aucune raison technique ne permet donc de justifier le report à l'automne la validation officielle du taux de chômage BIT.
Le représentant du ministère du travail a montré que de nombreux changements dans la gestion des chômeurs avaient contribué à faire baisser artificiellement la statistique de l'ANPE, sans toutefois en fournir un chiffrage complet. L'écart entre ces deux statistiques est loin d'être négligeable : un taux de chômage de 9,8% selon l'enquête Emploi et de 9,1 % selon les chiffres de l'ANPE, en moyenne annuelle sur 2006. Près de 200 000 demandeurs d'emploi ont donc disparu des listes de l'ANPE mais sont bel et bien restés chômeurs.
En résumé, la réunion du CNIS a montré que :
- rien ne permet d'affirmer que les résultats de l'enquête Emploi soient moins précis que les années
précédentes ;
- il est désormais certain que les données de l'ANPE surestiment fortement la baisse du chômage.
Dans cette situation, il est inexplicable que l'INSEE ait décidé de continuer à valider les statistiques de l'ANPE en continuant à publier chaque fin de mois, jusqu'à l'automne, un taux de chômage BIT calé sur ces statistiques pourtant erronées.
Cette décision n'est pas fondée techniquement. En pleine campagne électorale, l'INSEE ne devrait pas continuer à cautionner de son autorité des chiffres du chômage à l'évidence sous-estimés. On ne peut que s'interroger sur les pressions exercées sur l'institut par le pouvoir politique.
Plus généralement, cette controverse autour du chiffre du chômage montre que la réalité des problèmes d'emploi ne peut être réduite à un chiffre unique. Cette réduction conduit à un fétichisme du chiffre que nous récusons. La question de la précarité et de l'insécurité sociale va bien au-delà du seul nombre de chômeurs BIT ou inscrits à l'ANPE. Il importe de sortir par le haut de ces controverses stériles. C'est ce que le collectif se propose de montrer dans sa note n°4 qui sera rendue publique à la fin mars.
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