Date de publication: le mardi 8 avril 2008 à 10h26
Dernière modification: par Pascal BOYER le mardi 8 avril 2008 à 10h47
« Article précédent: Islande, voyage au pays de la crise
Rapport de Christian Morrisson, expert de l'OCDE - 1996 - intitulé « La faisabilité politique de l'ajustement »
Faute de temps, je me contente de reprendre ci-dessous et en introduction au rapport de Christian Morrisson, les mots de Paul Villach extraits de son article:
La casse du Service public d'Éducation est bien programmée depuis 1996 par l'OCDE
La stratégie machiavélique de l'OCDE
On a beau être ingénu, tant de continuité dans l'effort pour provoquer et accroître le chaos au cœur du service public d'Éducation finit par laisser supposer une stratégie délibérée de destruction. Mais l'idée paraît si folle. En fait, elle ne l'est pas. Un lecteur a laissé en commentaire d'un article précédent (1) les références d'un rapport de Christian Morrisson, expert de l'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économiques, daté de... 1996, intitulé « La faisabilité politique de l'ajustement » (2).
Peut-être l'a-t-on remarqué, le mot « ajustement » est aujourd'hui dans toutes les bouches gouvernementales et patronales, comme le dogme d'un catéchisme. Ce mot modeste et inoffensif est, en réalité, un leurre. Il appartient à une tradition de langage politique par euphémisme compréhensible des seuls initiés, comme l'était l'expression « solution finale » de sinistre mémoire. Ce titre apparemment anodin désigne en fait une destruction en douceur du service public d'Éducation. Il vise à masquer la violence de l'objectif : « ajustement » veut dire ici destruction et « faisabilité politique » signifie prévention des révoltes susceptibles d'être provoquées par cette destruction.
En somme, ce titre mystérieux désigne tout simplement la stratégie astucieuse conçue pour opérer dans les pays de l'OCDE des contre-réformes structurelles et désengager le budget de l'État des services publics sans provoquer de révoltes populaires. Ainsi est-il recommandé non « la baisse de la quantité » qui déclencherait des révoltes, mais « la baisse de la qualité » dans certains établissements et pas dans d'autres pour rendre insensible aux familles la destruction programmée du service public d'Éducation. Voici un extrait éloquent de la page 30 du rapport que le lecteur avait cité :
[...]
Si l’on avait encore quelques doutes sur les raisons du chaos qui s’est installé durablement dans l’Éducation nationale depuis dix ans, ils sont levés. Il s’agit bien, comme le conseille cet expert de l’OCDE, de ruiner progressivement la qualité de l’École publique pour introduire peu à peu une privatisation qui s’imposera comme la seule planche de salut quand la vie dans les établissements ne deviendra plus supportable. À bon entendeur salut ! La casse du service public que laissaient supposer toutes ces conduites irrationnelles est bien programmée à terme selon un plan méthodiquement réfléchi depuis 1996. Les défenseurs du service public d’Éducation ont quelques raisons de s’émouvoir.
Saut de ligne
Ayant retrouvé ce fameux rapport sur internet, je le soumets à votre lecture. Comme vous le constaterez, les idées et propositions développées par l'auteur sont tout bonnement hallucinantes et on finit par se demander s'il a conscience que derrière toutes ses préconisations, ce sont bel et bien des êtres humains dont il est question et non de vulgaires pièces manufacturées ?!
saut de ligne
Commentaires














