Table des matières
- Économie
- Crédit Coopératif et La NEF : banques citoyennes et éthiques
- Quand les institutions financières européennes volent les irlandais
- Allemagne: le coût social des réformes économiques
- Coût et réalité sociaux de la réussite économique de l'Allemagne
Vincent Brown interpelle Klaus Masuch de la BCE
Date de publication: le jeudi 22 décembre 2011 à 22h36
Dernière modification: par Pascal BOYER le dimanche 12 février 2012 à 20h33
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Dublin, le 19/01/2012
Lors d'une conférence de presse de la Troïka, Vincent Brown, interpelle Klaus Masuch, de la BCE, sur la légitimité du plan de sauvetage.
V.B.: Quand on lui a posé la question quant à son appréciation de comment le public irlandais avait répondu à leur présence ici et à la rigueur du plan de sauvetage, Klaus a répondu à la question de la manière suivante:
K.M.: L'attitude, pour autant que je puisse en juger, ce n'est bien sûr qu'une perspective limitée, est très bonne. Je suis impressionné par la profondeur des discussions en Irlande et par la compréhension des problèmes économiques complexes du secteur financier qui est révélée en regardant ce qui se passe en Irlande au regard des discussions.
Mais aussi quand je viens de l'aéroport en taxi, les chauffeurs souvent sont très bien informés, très, très bien informés je dois dire ! Donc je pense que c'est un bon signe qu'ici, nous ayons une discussion ouverte. C'est un processus d'ajustement difficile. Mais il y a un débat qui est ouvert où les arguments économiques jouent un rôle important, et je pense que c'est ainsi qu'il faut procéder.
V.B.: J'ai pensé que je devais lui en demander un peu plus à propos de sa discussion avec le chauffeur de taxi. Jetons un coup d’œil.
V.B.: Klaus Masuch, est-ce que votre chauffeur de taxi vous a dit combien le peuple irlandais reste perplexe qu'on lui demande de payer à des porteurs de bons non garantis des milliards d'euros en dettes pour lesquelles le peuple irlandais n'a aucune relation ni aucun rapport ? Et ce, essentiellement pour renflouer ou pour assurer la solvabilité de banques européennes. Et si votre chauffeur de taxi vous a posé cette question, ou si votre chauffeur de taxi vous avait posé cette question, quelle aurait été votre réponse ? C'est ma première question.
La voisine de droite de K.M.: Est-ce qu'on pourrait en prendre plusieurs à la fois ? Pourriez-vous poser votre deuxième question ?
V.B.: Mon autre question porte sur un problème complètement différent et je devrais insister si Mr Masuch ne répondait pas à celle-ci de manière à éclairer le chauffeur de taxi pour comprendre cela, et je devrai reposer ma question.
La voisine de droite de K.M.: Très bien. Puis-je vous demander alors de rendre le micro et on reviendra à vous plus tard pour la seconde question ?
V.B.: Si cela ne vous dérange pas, c'est une manière de briser notre échange. Et je préfèrerais, et en cela nous avons une tradition dans le journalisme irlandais, nous approfondissons les questions et lorsque quelqu'un ne répond pas à la question, nous allons jusqu'au bout, et j'espère que cette tradition sera respectée en cette occasion.
Alors, pourriez-vous répondre à la question, s'il vous plaît ?
La voisine de droite de K.M.: Oui.
K.M.: J'ai... J'ai déjà répondu à des questions très similaires de votre part, c'était il y a, je pense, deux ou trois ans...
V.B.: Vous avez "abordé" ma question, abordé, c'est presque pareil.
K.M.: J'ai abordé la question, j'y ai répondu.
Je dirais... je peux comprendre que c'est une décision très difficile à prendre pour le gouvernement, il n'y a aucun doute là-dessus. Mais il y a différents aspects du problème à mettre en balance. Et je peux comprendre que le gouvernement irlandais en soit venu à la conclusion que, tout bien considéré le coût pour le peuple irlandais pour la stabilité du système bancaire, pour la confiance en le système bancaire, à prendre des mesures dans cette direction, comme vous le mentionnez, aurait très bien pu être bien plus important que les bénéfices pour les contribuables, puisque bien sûr il y en aurait eu. Donc le secteur financier aurait été affecté, la confiance dans le secteur financier aurait été affectée de manière négative, et je peux comprendre que cela ait été une décision difficile. Mais la décision a été prise dans ce sens.
V.B.: Cela ne répond pas au problème. On nous demande de payer à l'égard (pour ?) d'une banque défunte. Cela n'a rien à voir avec le bien-être social du peuple irlandais. On exige que nous payions, à l'égard (à cause de ?) de cette banque défunte, des milliards sur des obligations non-garanties afin de garantir la santé des banques européennes.
Maintenant, comment expliqueriez-vous cette situation à votre chauffeur de taxi, au chauffeur de taxi dont vous parliez tout à l'heure ?
K.M.: Je crois que j'ai répondu à cette question.
V.B.: Non. Vous n'avez pas répondu à la question car vous avez fait référence à la viabilité des institutions financières irlandaises. L'institution financière à laquelle je fais référence est défunte. C'est terminé. C'en est fini.
Maintenant, pourquoi demande-t-on au peuple irlandais, sous la menace de la BCE, pourquoi exige-t-on du peuple irlandais de payer des milliards à des porteurs de bons non-garantis sous la menace de la BCE ?
Vous n'avez pas répondu à la question que j'ai posée. Peut-être y répondrez-vous cette fois ?
La voisine de droite de K.M.: Heu... je ne pense pas qu'il ait quelque chose à rajouter... Désolée.
V.B.: Non. Ça ne suffit pas. Ça ne suffit pas. Vous, messieurs, êtes en train d'intervenir dans cette société et causez des dommages énormes en exigeant que soient faits des paiements non pas pour le bénéfice de qui que ce soit en Irlande mais au bénéfice d'institutions financières européennes.
Maintenant, pourriez-vous nous expliquer pourquoi on inflige cela au peuple irlandais ?
K.M.: Et bien je pense avoir répondu à la question.
V.B.: Vous n'avez rien à dire ? Il n'y a pas de réponse, est-ce bien cela ? C'est tout ? Pas de réponse ?
La voisine de droite de K.M.: Il a donné une réponse.
V.B.: Vous avez donné une réponse qui ne répond pas à la question.
La voisine de droite de K.M.: C'est votre point de vue.
V.B.: C'est mon point de vue et je pense que ce serait aussi celui du chauffeur de taxi et le point de vue de ceux qui nous regardent ce soir.
La voisine de droite de K.M.: Très bien. Est-ce qu'on pourrait bien s'il vous plaît continuer maintenant...
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