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Vin : du pesticide dans toutes les bouteilles

Date de publication: le samedi 17 mai 2008 à 23h34
Dernière modification: par Pascal BOYER le samedi 17 mai 2008 à 23h47
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Article paru dans le journal Le canard enchaîné du 14 Mai 2008

Pesticides dans les vins: jusque 5 800 fois le maximum toléré dans l'eau du robinet

Vous vous rappelez, en mars der­nier, un réseau d'ONG s'était mis en tête de dénicher les pesticides contenus dans le vin (« Conflit », 2/4). Résultat : des résidus au fond de toutes les bouteilles, jusque 5 800 fois le maximum toléré dans l'eau du robinet. Il est vrai qu'il n'existe pas de teneur maximale en pesticides pour le vin. Du coup utilisant à eux seuls environ 20OOO tonnes de pesticides sur les 80 000 aspergées chaque année en France, les vignerons sont champions des Phytosanitaires. Mais il n'y a pas que des pesticides dans le vin, il y a aussi du ferrocyanure de potas­sium. L'ingrédient magique pour éviter les dépôts brunâtres de fer, de cuivre ou de métaux lourds dans la bouteille, un désagrément que l'on doit la plupart du temps à un pressoir mal entretenu ou à du rai­sin mal lavé qui reste barbouillé de terre. Pour rattraper le coup, on saupoudre du ferrocyanure au­-dessus de la cuve. Le hic est que cette poudre jaune est toxique, au point qu'il ne doit plus en rester trace dans le vin. Il y a presque huis ans, l'Afssa, consultée par la Ré­pression des fraudes, s'était pincé le nez, regrettant l'absence de « doses maximales d'emploi » et surtout de « méthodes analytique validées » permettant de « vérifier l'absence de ferrocyanure de pot­assium et ses dérivés après traite­ment ». Et l'Agence d'encourager la recherche dé produits de substi­ution. Ce que l'Institut français de la vigne et du vin (IFVV), interrogé par « Le Canard », promet pour « dans deux ans ». En attendant, l'IFVV nous rassure en expliquant qu'après traitement on ne trouve plus trace de ferrocyanure dans les bouteilles. Sauf qu'il n'y a pas de contrôles. Et que, comme d'hab', rien n'est indiqué sur la bouteille, au prétexte qu'il ne s'agit pas d'un additif mais d'un « auxiliaire technologique ». Le consommateur n'a plus qu'à faire la gueule... de bois.

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