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Courrier des lecteurs de Télérama (archives)

DVD addict, je parcours avidement les rayons de la Fnac à la recherche de Naissance des pieuvres, de Céline Sciamma. Introuvable. Je m'adresse à un vendeur et, oh surprise, on m'envoie à la catégorie « Gay et lesbien », à laquelle je ne m'étais jamais intéressée, la prenant pour une rubrique de films érotiques comme on en trouve sur les sites pornographiques. Comment ce film si subtil sur l'adolescence et ses fascinations, où l'homosexualité n'est qu'un thème parmi d'autres, voire une fausse piste, se trouve-t-il cantonné dans une catégorie si ambiguë, entouré aussi bien par A single man que par Calendar Boy, 12 mois/12 beaux gosses ? Pourquoi une telle mise à l'écart ?


Marie Brousse - Paris
Télérama N°3242 - 03/03/2012 au 09/03/2012
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Télérama, décidément, je t'aime. Je t'aime pour tant de choses qui entrent en résonance en moi quand je te lis, sans juger utile de te le dire chaque fois, mais aujourd'hui, je tiens à te remercier pour l'interview de Pierre Bergounioux (Télérama n° 3238). Ce monsieur, que je ne connaissais pas, exprime avec talent et simplicité ce que je ressens profondément. Nous sommes de la même génération, et j'ai vécu les mêmes tiraillements que lui entre mon milieu modeste et le lycée classique que j'ai eu la chance de fréquenter, la même soif de la vraie culture, le même émerveillement en y étant initié. Je voue la même reconnaissance envers ceux qui m'ont permis de me révéler à moi-même, en me fournissant les outils intellectuels nécessaires à une pensée cohérente. Ce qu'il dit au sujet de la culture « affaire des vivants » est d'une justesse à méditer. La barbarie aura vite fait de revenir si nous baissons la garde. Essayons de garder la tête bien faite, grâce aux générations qui nous ont précédés et nous ont laissé un trésor en héritage. Essayons de transmettre le flambeau sans transiger sur les valeurs humaines. «Les innocents n'ont jamais les mains pleines» : je dirais plutôt «les ignorants». L'ignorance rend vulnérable à la bêtise. Et elle est si sûre d'elle, la bêtise, qu'elle peut convaincre les ignorants. On peut s'en préserver en gardant son innocence, justement. Je me trompe peut-être...


Jean-Yves Le Gall - Argenteuil
Télérama N°3239 - 11/02/2012 au 17/02/2012
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Merci de ce long et varié dossier sur la famille. Merci surtout de l'ouvrir par l'entretien avec Irène Théry. J'ai lu plusieurs travaux de cette femme et j'apprécie beaucoup son mode d'observation et de réflexion sur la vie familiale, la parenté et sur la bioéthique. Il est bien dommage que les autorités catholiques ne prennent pas davantage en considération cette démarche intelligente pour comprendre l'évolution des mœurs. Cette évolution nous oblige, en effet, à réinterroger et à réinterpréter l'enseignement moral qui tend à se figer dans les discours du magistère catholique. Merci donc... et bonne année 2012 !


Christian Biot - Prêtre du Diocèse de Lyon -
Télérama N°3234 - 07/01/2012 au 13/01/2012
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J'enseigne l'Histoire. Je gagne ma vie grâce à cela. Dernièrement, je cherchais un document pour un devoir et je fus stupéfait de redécouvrir un document aux résonances troublantes (trouvé dans le manuel de troisième édité par Magnard, 2007). « Que fait l'Etat ? De 1932 à 1936, la France a compté onze ministères. Qu'ont-ils fait contre la crise économique ? Rien ou presque. Les ministres des Finances furent tous hypnotisés par le déficit budgétaire. Pour tenter de le résorber, ils ont appliqué des remèdes qui aggravent le mal économique [...]. Ce fut la politique de réduction des dépenses de l'Etat, c'est-à-dire de baisse des salaires des travailleurs publics et, par voie de conséquence, de bien des salariés, les patrons se hâtant de suivre l'exemple de l'Etat. [...] N'ayant d'autres ressources que leurs salaires, les travailleurs sont contraints de dépenser moins, c'est-à-dire d'acheter moins de produits aux commerçants et aux agriculteurs, et d'économiser sur la nourriture et les vêtements. [...] Nous voici engrenés dans un cycle infernal. La misère des uns entraîne la détresse des autres. » D'après J. Moch, député socialiste (SFIO), Arguments et documents contre capitalisme, crise et déflation, 1936. Questions : dois-je dire à mes élèves que nous sommes proches du « cycle infernal », sachant que le cours suivant, bien que passionnant, risque de leur donner de bien sombres perspectives ? Et apprend-on mieux la peur au ventre au passage ? Est-ce une lecture à conseiller au candidat socialiste ? La politique doit-elle rimer avec passion ou bien raison ? Mais cela fait déjà beaucoup de questions...


J.-B. - Yvelines
Télérama N°3229 - 03/12/2011 au 09/12/2011
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Une inspection en collège est toujours une épreuve pleine d'enseignement. Lorsqu'une inspectrice d'académie (le plus haut grade de la profession) empêche une enseignante d'anglais à peine moins âgée de s'asseoir à côté d'elle pour l'entretien pédagogique : «Mettons un peu de distance entre nous !» (c'est-à-dire deux tables), et trouve comme seule question à lui poser : «Quel était votre rang au capes ?» (plus de vingt ans auparavant...), on se dit que les archaïsmes ont la vie dure dans l'Education nationale. Lorsque cette même inspectrice, forte de sa supériorité hiérarchique, se croit autorisée à reprocher à l'enseignante de ne pas aller assez vite et de risquer d'ennuyer les meilleurs élèves en se souciant trop de rester accessible aux plus faibles, voire de les «materner», on se dit qu'elle ferait mieux d'aller jeter un oeil à l'école finlandaise (où la professeure a enseigné deux ans le français langue étrangère, bien avant d'obtenir son capes d'anglais), ou de lire d'excellents chercheurs, comme Boris Cyrulnik, qui, ce matin, sur France Inter (Parenthèse, de Laurence Luret, du 2 octobre) accusait notre «société du sprint» d'être responsable du stress et de l'abandon affectif de certains enfants, pouvant affecter leur équilibre neuronal et induire des conduites suicidaires.


Dominique Brunot - Orléans
Télérama N°3222 - 15/10/2011 au 21/10/2011
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6h20-7 heures : devant mon ordinateur, je me divertis en tapant une interrogation de leçon pour mes élèves de troisième. 7h30, la matinale d'Europe 1, pendant le petit déjeuner : une journaliste, présentant le projet du futur candidat à la présidentielle Nicolas Sarkozy d'augmenter de deux heures hebdomadaires le temps d'enseignement des profs, ajoute : «Les professeurs travaillent dix-huit heures par semaine, voire seulement quinze heures pour les agrégés.» Je manque de m'étouffer avec ma tartine, ravie malgré tout de découvrir l'immense temps libre dont je dispose. Temps libre presque aussi important, je suppose, que celui de Bruce Toussaint, qui, ne «travaillant» quant à lui que douze heures trente par semaine (cinq fois deux heures et demie), ne se donna pas la peine de relever cette énormité ! 


Sophie - Paris
Télérama N°3221 - 08/10/2011 au 14/10/2011
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Il est vrai que l'école est en souffrance. Comme le révèle votre enquête [«Malaise dans l'école», Télérama n° 3215, NDLR], les raisons sont nombreuses et la hausse des effectifs n'est pas la moindre. A toutes les difficultés évoquées, on aurait pu ajouter le scandale du pseudo-apprentissage de l'anglais dispensé par des enseignants non formés (j'en suis) et disposant d'une habilitation qui n'est qu'un leurre. Lire à ce sujet une enquête récente publiée par Le Monde, qui montre qu'il faut ensuite «déconstruire» en sixième ce qui a été (très) mal enseigné en primaire.


Vince - Saint-Médard-en-Jalles
Télérama N°3217 - 10/09/2011 au 16/09/2011
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Pour préparer nos jeunes au monde qui les attend, je propose que dans les lycées et les collèges les devoirs et les interrogations soient désormais notés AAA, AA++, AA+, AA-, etc.


E. Tilloy - Le Chesnay
Télérama N°3217 - 10/09/2011 au 16/09/2011
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En cette rentrée matinale, sur Europe 1, interview de Bruce Toussaint au sujet de l'éventuelle taxe aux plus riches : les riches sont DISPOSÉS à payer plus [...] Disposés ? Parce qu'il faut qu'ils le soient pour payer ? Est-ce que le jeune smicard qui paie sa part d'impôt est DISPOSÉ à payer ? Est-ce qu'on me demande à moi si je suis DISPOSÉE à voir partir chaque mois 150 euros sur mon salaire ? Non, moi, je suis OBLIGÉE ! Par contre, depuis vingt ans que l'on DISPOSE de mes revenus, je suis fière de PARTICIPER !


Florence Madani - Lattes
Télérama N°3216 - 03/09/2011 au 09/09/2011
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J'espérais qu'avec les vacances scolaires d'été, le courrier des lecteurs de mon journal ne soit pas encore le lieu des complaintes des enseignants du second degré. Erreur ! Je m'étonne que, malgré leur niveau d'étude et leurs compétences sans cesse vantés, les enseignants peinent encore à faire cours sans manuel. Ce fameux manuel sans lequel rien n'est possible. Il a été une des stars des médias en septembre dernier. Horreur : faire une rentrée alors que les manuels sont encore sous presse. Il aurait peut-être fallu décaler le retour des élèves ? Très chers collègues (eh oui, je suis de la maison), ne sommes-nous pas suffisamment performants pour innover à ce sujet ? N'avons-nous pas les compétences et les outils pour créer les supports nécessaires ? Le manuel est-il nécessaire dans toutes les disciplines ? L'enseignement de l'éducation civique, par exemple, ne peut-il être fait à partir des textes de loi et de leur application dans notre quotidien ? Ne devons-nous pas affiner l'esprit critique de nos élèves ? Ne serait-ce pas l'occasion de leur faire lire la presse ?Chaque établissement ne possède-t-il pas un centre de documentation et d'information (CDI) ? Quel pourcentage effectif des manuels utilisons-nous ? Nous sommes-nous posé la question de l'usage réel qui est fait des manuels par nos élèves ? A qui servent-ils vraiment ?Sont-ils là pour nous rassurer ? Qu'en est-il des manuels numériques que les éditeurs se gardent bien de développer, ou s'ils le font, c'est avec un surcoût inadmissible ? J. c.


J.C. -
Télérama N°3214 - 20/08/2011 au 26/08/2011
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