Les Anglais qui nous lâchent, les Allemands sur nos talons : le scénario me rappelle Dunkerque en juin 40.
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Le monde entier danse le tango au gré d'agences de notation telles que Moody's. Quand on pense que moody signifie «lunatique, d'humeur changeante», il y a de quoi avoir le bourdon !
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Y aurait-il un humble bûcheron ou un garde forestier pour expliquer à nos politiques (et à nos journalistes) que, dans une forêt, lorsqu'on coupe un grand nombre d'arbres on fait une coupe claire, quand on en coupe très peu on fait une coupe sombre ?
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Intervenante en musique, contractuelle de la fonction publique depuis cinq ans, plafonnée à un salaire proche du smic et sans aucune sécurité de l'emploi, absente cinq ou six fois en cinq ans et très investie (malgré tout) dans mon travail, je peux assurer à notre cher gouvernement qu'il ne fera pas d'économie avec moi : dorénavant, j'irai travailler même malade car je ne peux pas me permettre de perdre une journée de salaire si je veux pouvoir finir mon mois. Quitte à contaminer les cinq cents enfants auprès desquels j'interviens... ce qui n'entraînera, j'en ai bien peur, qu'un surcoût pour la Sécu.
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Les Incas vouaient un véritable culte au Soleil. Chaque matin ils attendaient son apparition. Au besoin, pour éviter sa colère, les prêtres expliquaient au peuple qu'il fallait sacrifier quelques humains. Aujourd'hui, chaque matin nous attendons le verdict des agences de notation. Au besoin, pour apaiser leur colère, les nouveaux prêtres de la finance nous demandent quelques sacrifices humains. Dans le fond, rien n'a vraiment changé...
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D'aucuns pensent qu'une bonne façon de lutter contre les spéculateurs compulsifs et avides est de taxer chaque transaction financière pour redonner du sens à l'investissement financier. Ainsi ceux qui s'enrichissent simplement parce qu'ils ont un talent de calculateur hors norme contribueront un peu à la caisse commune. Pour lutter contre l'enrichissement inconsidéré et tout aussi injustifié des footballeurs, je suggère à notre ministre des Finances de créer une taxe sur les passes. On l'appellera la TPS (taxe sur les passes solidaires). Elle consistera en une taxation de quelques centimes d'euros sur chaque passe. Certes, comme toutes les taxes, elle sera injuste et, en particulier, les Anglais, qui jouent en grandes passes, seront moins taxés que les Espagnols, qui eux jouent en petites passes. Cette taxe sera consacrée au développement de l'Afrique, pourvoyeuse de joueurs talentueux. On reconnaîtra le civisme des joueurs au nombre de passes qu'ils se feront : certes, on a perdu, mais on s'est fait beaucoup de passes. L'idée d'élargir la taxe Tobin à toutes les activités qui encouragent l'avidité, le chauvinisme et les égoïsmes en général me semble ouvrir un espace de recettes infini pour nos sociétés asphyxiées par les dettes.
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Les ayants droit d'Hergé donnaient l'impression d'avoir un regard particulièrement vigilant sur tout ce qui avait trait à Tintin car, pensait-on, ils ne souhaitaient pas que l'image du célèbre reporter se trouve dévalorisée. Ainsi se serait expliqué leur refus de voir publier des reproductions de dessins où figurait le jeune héros. Même de respectables études émanant parfois d'universitaires se retrouvaient interdites d'illustrations originales. Mais c'était avant la sortie du film vaguement inspiré du Secret de la Licorne. Car, désormais, les bons principes sont oubliés et la lourde machine financière a pris le dessus. Sans même évoquer les produits dérivés qu'on trouve à présent dans les supermarchés sous forme de figurines grotesques, je crois que les conditions paraissent réunies pour que soient phagocytés l'oeuvre et même le nom du chef de file de la bande dessinée franco-belge. Ainsi, de même que pour beaucoup d'enfants, et peut-être d'adultes, Kipling et Hugo sont des inconnus et Mowgli ou Esmeralda et Quasimodo sont des créatures de Disney, bientôt le nom d'Hergé sombrera dans l'oubli et Tintin sera devenu un personnage de Spielberg.
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Que va-t-il se passer lorsque les agences de notation auront baissé la note de tous les Etats ?
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L'argent, en tant que jouet. Il ne doit pas être bien difficile de repérer, parmi les transactions financières, celles qui sont utiles à l'économie réelle : ce sont, d'une part, celles qui permettent aux entreprises de payer leurs fournisseurs et leur personnel avant que leurs clients n'aient réglé leurs factures et, d'autre part, celles qui permettent au consommateur de disposer d'un objet avant d'avoir fini d'épargner en vue de son acquisition. Les autres s'apparentent à un jeu de société. Il serait donc juste de les soumettre à une taxation au niveau de la TVA sur les accessoires de jeu Alors, à vous tous qui briguez nos suffrages, j'adresse ce simple mot : chiche !
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Si, en matière économique, chaque fois qu'on lit ou qu'on entend «l'Etat», on donnait à ce mot son véritable sens en le remplaçant par «le contribuable», ça donnerait ceci : la dette phénoménale du contribuable... le déficit budgétaire du contribuable... le contribuable va aider... le contribuable subventionne... le contribuable va trouver X milliards d'euros pour renflouer... le contribuable va devoir faire face à... le contribuable va devoir payer pour... le contribuable doit faire des économies... L'Etat, c'est nous, c'est vous, c'est moi !
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