29-11-2011 : Remettre dans le débat politique les principes du Conseil National de la Résistance
29-01-2012 : Parce que nous sommes un peuple debout, agissons pour rester dignes et responsables !
Logo de mon site
Logo de mon site
Faire un don

Luxpopuli / Actualités / France / Vente liée : quand microsoft vole l'argent de ses clients





Right menu

Logo du site ez.no  Logo XHTML 1.O du W3C  Logo XHTML 1.O du W3C  Site francophone officiel de Firefox

Vente liée : quand microsoft vole l'argent de ses clients

Date de publication: le dimanche 23 mars 2008 à 19h26
Dernière modification: par Pascal BOYER le jeudi 17 avril 2008 à 16h05
« Article précédent: Marketing viral : comment Microsoft infiltre les campus
» Article suivant: RGI : Bercy veut sauver Microsoft et l'imposer aux administrations

De Linux à windows, ou la roue qui tourne

Jusqu'à présent, la grande majorité des victimes des pratiques illégales de microsoft était les utilisateurs du système d'exploitation libre et open source Linux.

Les pratiques illégales face à la loi française auxquelles se livre microsoft depuis des décennies portent en effet directement et principalement préjudice à celles et ceux qui, souhaitant acquérir un ordinateur neuf, ne souhaitent pour autant pas s'acquitter de la somme due en contre-partie des logiciels vendus et imposés avec le-dit ordinateur. Et cette volonté de ne pas utiliser les logiciels de microsoft est surtout le fait des Linuxiens.

Peut-être alertés par les nombreux articles traitant des problèmes que soulève la position monopolistique de microsoft, pour laquelle la firme s'est vue infligé par la Commission Européenne deux amendes de 497 puis 899 million d'euros, mais également par ceux révélant les nombreuses procédures judiciaires intentées afin d'obtenir, avec de plus en plus de succès, le remboursement des logiciels illégalement imposés, les clients de microsofts découvrent à leur tour les joies du vol organisé en toute impunité par microsoft et les constructeurs de PC.

Alors que l'état français traine honteusement les pieds pour faire appliquer la loi française (article L.122-1 du Code de la consommation) la presse se fait de plus en plus l'écho du mécontentement des clients même de microsoft.

L’impossible achat d’un portable sans Windows

Document original: article publié par Jules Le Goff sur le site libération.fr le 21 mars 2008

Dans les amphis, la tendance est aux ordinateurs portables. Quel produit acheter ? Naïvement, je pensais qu’il était possible d’acquérir, séparément, une machine et un système d’exploitation ; choisir entre HP, Dell ou Sony, puis entre Windows Vista, Windows XP, Linux… Je sais que le regroupement de plusieurs produits dans un lot indivisible et ne comportant qu’un prix, cela s’appelle de la vente liée, et que c’est interdit par la loi.

Cette certitude en tête, je me rends à la Fnac, où j’aborde un vendeur et lui signale mon intérêt pour un modèle léger, performant et bon marché.

Les choses se corsent quand je lui explique que je possède une licence compatible et que je ne vois pas pourquoi je devrais en acheter une autre. Le ton se fait plus sec : «Impossible. Les portables sont livrés avec Vista.» Je fais mine de ne pas comprendre : «Je ne peux pas acheter seulement l’ordinateur ?» Agacement. Aux grands maux les grands remèdes : «Je ne sais pas si vous le savez, mais cela s’appelle de la vente liée, c’est illégal. On ne peut rien faire ?» Embêté, le vendeur me signale que «Microsoft passe des accords préférentiels avec les constructeurs», qu’il faudrait voir avec la direction des produits, mais que, là, le magasin va fermer. Je continue à le titiller. «A mon avis, beaucoup ont essayé de se faire rembourser et se sont cassé les dents. Ils ont de gros services juridiques. Mais sur le plan éthique, je suis d’accord avec vous, c’est déplorable.» Déterminé, je me rends chez Surcouf, car je sais qu’on y vend des portables «à la carte». Même jeu, même mine souriante du vendeur… jusqu’à ce que je lui dise que je veux bien acheter son modèle, mais pas Windows. Tous ont Windows Vista installé et verrouillé, d’après lui. «Et si je veux un portable sans système d’exploitation ?» «Il faut voir en haut. Mais c’est plus cher.»Le même produit, sans système d’exploitation, plus cher ? «C’est à la carte, alors c’est plus cher.» Un technicien consent à me répondre. Il me désigne un modèle, dans la même gamme de prix, mais… sans marque. «Si vous voulez de la marque, il faut prendre Vista.» Je lui demande si c’est moins cher si je monte l’ordinateur moi-même. «Vous gagnez 50 €.»Une misère. Le vendeur, décidément peu aimable, semble de moins en moins disposé à la conversation. Dernière chance, les magasins spécialisés de la rue Montgallet (Libération du 15 février). Mais, là aussi, les réponses sont négatives. «Tous les portables sont livrés avec Vista. On ne vend qu’avec la licence. Ça vient de l’usine, c’est déjà monté. Ça se fait peut-être, mais on ne sait pas où.» Ici, on m’explique que les portables se montent moins facilement que les ordinateurs de bureau. Ailleurs, on me propose de revendre ma licence. Ce qui est illégal… mais, après tout, certains s’accommodent fort bien de l’illégalité.

Le mot de la fin est pour un vendeur, plus lucide que les autres : «Si les accords entre Microsoft et les fabricants n’existaient pas, ils vendraient beaucoup moins de Windows.» Effrayant de logique. Mon conseil pour ceux qui refusent ce diktat : allez sur Internet, sur les forums d’entraide, puis achetez en ligne.

Un PC portable sans Vista, mission impossible

Document original: article publié par Yaroslav Pigenet sur le site le 19 mars 2008 20minutes.fr

Est-il possible d'acheter un nouvel ordinateur portable sans le système d'exploitation Vista ? Selon la loi, oui. En pratique, non. « Au moment de remplacer mon Toshiba acheté il y a deux ans avec Windows XP, je souhaitais garder la même marque et le même environnement de travail, et par conséquent conserver le même système d'exploitation », explique Didier. Après un après-midi passé à courir d'une enseigne à l'autre, il a pu constater que la quasi-totalité des portables, à l'exception des Mac évidemment, sont vendus avec Windows Vista préinstallé. Celui qui s'équipe pour la première fois s'y retrouve peut-être, mais s'il a déjà acheté Vista ou s'il souhaite rester fidèle à Windows XP ou à Linux, il se voit facturer un, voire plusieurs logiciels dont il n'a nul besoin.

« Le plus simple, si vous ne souhaitez pas disposer de Windows sur votre PC, est de vous acheter un PC d'assembleur avec le système de votre choix », répondait Microsoft lors du lancement de Vista. « Un PC sans système d'exploitation n'a pas d'utilité, c'est comme vendre un GPS sans cartographie, explique Daniel Trachino, directeur commercial d'Acer. Nous répondons à une demande, qui correspond à 98 % du marché. A chaque fois que nous avons tenté des expériences avec Linux, cela a été un échec ».

« Cette pratique de vente liée existe depuis plusieurs années, mais elle n'est plus justifiée au regard de l'élévation du niveau général des connaissances informatiques », dénonce pourtant l'UFC-Que Choisir. Avec d'autres groupes de consommateurs, l'association a engagé plusieurs procédures judiciaires contre les distributeurs et les constructeurs de PC portables. Ils ont aussi adressé en décembre dernier une lettre à la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF). Ils lui demandent d'agir plus énergiquement pour faire respecter l'article 122.1 du Code de la consommation - qui interdit les ventes liées - et réclament « des conclusions sur un dossier dont la DGCCRF est saisie depuis fort longtemps ». Laquelle attend que la justice se prononce.

En attendant , l'Association Française des Utilisateurs de Logiciels Libres (AFUL) a mis en en ligne un guide du remboursement à l'usage de ceux qui veulent se faire rembourser les logiciels qui leur ont été imposés...

:
Le 13 février, un juge de proximité de Libourne a condamné le constructeur ASUS à rembourser les logiciels imposés à l'achat d'un ordinateur neuf. En septembre dernier, le tribunal de proximité de Puteaux avait déjà condamné le constructeur ACER à reverser à un consommateur 311€ sur un achat de 599 € pour cause de vente liée. Le fabriquant de l’appareil- dont le contrat de vente limitait le remboursement de logiciel à 30 €-, a introduit un recours devant la Cour de Cassation qui doit être examiné dans les semaines qui viennent.

Commentaires